Conception...

 

"Le matériau terre amène une telle liberté d'expression qu'il serait dommageable de se limiter à un style qui peut nous identifier. La diversité est le résultat d'une recherche constante, un contre pouvoir au formatage que peut entrainer la volonté d'un style défini pour la valorisation et la reconnaissance de l'Artiste".

Elle se situe plus dans le mouvement "craft" qui " associe le craft à la création et qui n'existe qu'en mouvement et révèle une manière de faire les choses et non de classer un objet ou des gens" (cf Glenn adamson).Le craft est un espace de confusion, c'est une philosophie.

Née en 1968 dans la Loire, Cecile Porée-Gouttefange a dans un premier temps fait des études de «gestion des sports ». Bonne formation mais fausse route pour celle qui rêvait de créer. Son enfance et adolescence ont été marqué par de fréquentes visites de musées d’Art et monuments. Tout un contexte culturel qui la fascinait et l'’amena à ses premiers « jobs d’étudiante » au Musée D’Art Moderne de St Etienne. Pas surprenant qu’une trentaine d’années plus tard elle revient à ses » premiers amours ».

Touche à tout, la terre s’est imposée comme sa matière de prédilection .Elle a commencé la céramique en autodidacte avant de suivre une formation « de technicien polyvalent en céramique » au CFA de St Quentin la Poterie, formation large et riche, validée avec mention. C’est à partir cet apprentissage qu'elle a  voué une passion dévorante pour ce matériau.

Assez rétive aux mises en formes traditionnelles (tournage), un stage chez une céramiste axée sur « l’art thérapie » lui a  permis de comprendre que , elle aussi,  pouvait «  jouer avec la terre » . Le travail à la plaque de terre accompagné de modelage est alors devenu la base de ses créations. Elle modèle plus rarement dans la masse. Les formes humaines, organiques, minérales sont sources d’inspirations dans le jeu créatif qu'elle mène et dont le résultat ressemble parfois fort peu à ce qui en est la source. Elle exprime dans ses sculptures ou muraux, sa vision abstraite des choses.

Ses premières pièces sont lisses, plus figuratives, partiellement décorées d’émaux haute température. Elles gardent la trace de sa formation au CFA. Aujourd’hui, Cécile  tend vers une surface plus accidentée, plus engagée, plus étirée… qui souvent compose avec le hasard de la cuisson à 1280° et certains aléas techniques (déformation..), trouvent alors leur place dans ce résultat final. Ils sont « la vérité du matériau » et la vie propre des pièces. Cécile joue avec les sgraffites, trous et taches et intègre divers grès, engobes et porcelaine tout en cherchant un équilibre graphique.

En fait, au départ d’une pièce, elle ne sait pas si elle sera émaillée ou brute, elle est toujours tiraillée entre les deux. Parfois  elle assemble les deux. C’est encore une part de son travail: trouver une cohérence harmonieuse entre texture, volume, engobes et émaux. Une donnée reste constante dans ses pièces, il faut qu’elles restent appréciables et qu’elles interpellent sous tous les angles.

 

Alain P.



 

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